Qu'est-ce que l'AOQ? > Historique

HISTORIQUE DE L'AOQ

Dans le bouillonnement de la Révolution tranquille et les chambardements à venir dans la dispensation des soins médicaux au Québec, une poignée d'optométristes attentifs à tous ces changements sociaux ont décidé de se regrouper pour défendre leurs intérêts.
 
 

C'est le 14 février 1966 qu'une vingtaine d'entre eux se rencontrent pour fonder le Syndicat Professionnel des Optométristes du Québec, la SPOQ, ancêtre de l'AOQ, constitué officiellement le 22 juin 1966 selon la loi des syndicats professionnels de 1964.

Les 21 membres fondateurs choisirent André S. Gauthier comme premier président et la cotisation fut établie à 5$ par mois, payable par chèque postdaté si nécessaire.

À l'époque, le Québec comptait environ 400 optométristes dont 6 femmes, et afin de devenir un organisme représentatif de toute la profession, l'effort fut mis sur le recrutement de nouveaux membres, parallèlement à l'organisation interne du syndicat.

Le but du syndicat professionnel est de défendre les intérêts économiques, sociaux et moraux de ses membres. L'AOQ devient donc l'organisme chargé des représentations et des négociations auprès des différents intervenants gouvernementaux ou autres. Les médecins omnipraticiens en 1963-64 et onze associations de médecins spécialistes en 1965 avaient déjà fait de même.

Le travail de ces premiers pionniers était de faire inclure les services optométriques dans le nouveau programme d'assurance-maladie que le gouvernement voulait mettre sur pied. Les comités de l'Association se mirent en marche en préparant les dossiers statistiques et techniques, en faisant les représentations auprès des fonctionnaires et des politiciens, en définissant un cadre officiel par des études légales et en rédigeant des projets d'entente consécutifs aux séances de négociations directes auprès du gouvernement.

Pendant cette période de palabres, rencontres et commissions diverses, les principales associations des professionnels de la santé se regroupèrent en 1967 pour former une superstructure de Syndicats de la Santé afin de discuter de problèmes communs.

Après plusieurs années de travail et de tergiversations, l'AOQ réussit à faire inclure les services optométriques dans le régime d'Assurance-maladie du Québec en signant une entente avec le ministre des Affaires sociales, M. Claude Castonguay. Cette entente permit une meilleure accessibilité des soins optométriques et la mise en place d'une approche plus préventive en offrant un examen complet de la vision à tous les québécois.

En 1973, la réforme du droit professionnel aboutit à l'adoption du Code des professions et de la Loi sur l'optométrie. Cette loi voulait faire des optométristes de vrais professionnels en leur interdisant la vente des orthèses visuelles, heureusement les représentations de l'AOQ et de la Corporation des optométristes permirent de conserver intacte la globalité de l'acte optométrique qui inclut toutes les possibilités thérapeutiques.

Dans les années qui suivirent, le travail de promotion fait par les officiers et le personnel de l'AOQ permit d'établir et/ou de renouveler les ententes avec les différents organismes gouvernementaux ou autres qui avaient besoin de nos services, les Affaires sociales, la Commission des accidents de travail, le Ministère des Anciens combattants, etc. Les objectifs de l'AOQ sont toujours d'augmenter la visibilité de l'optométrie dans les cercles décisionnels, de combattre toute forme d’érosion ou d'empiètement du champ de pratique ainsi que de combattre toute forme de dirigisme détrimentaire à la profession.

En 1977, lors d'un mémorable Congrès d'orientation réunissant plus de 400 participants, la profession réitéra sa volonté de consolider le statut de professionnel de la santé des optométristes. La ronde des représentations, rencontres et mémoires repartit de plus belle, et c'est ainsi qu'en 1978 la nouvelle entente sur l'Assurance-maladie fut le résultat de six années de négociations ardues en particulier sur la pertinence d'inclure l'entraînement visuel, la tonométrie, la biomicroscopie et l'examen scolaire dans la définition du champ d'exercice de l'optométrie.

La fin des années '70 et le début des années '80 furent une époque pour le moins fertile. L'AOQ organise le 1er Colloque international sur la lentille de contact en 1979, ainsi que le 1er Symposium du printemps. À l'interne, le Service d'assurance et de rente est restructuré et un Comité de services aux membres est mis sur pied afin, entre autres, de favoriser le regroupement des pratiques. C'est aussi en 1979 qu'est publié le premier numéro de la revue L'Optométriste, qui se voulait une vitrine privilégiée de la profession et une carte de visite exceptionnelle pour nous présenter à tous ceux qui nous méconnaissaient.

Les années '80 furent également des années de grands changements : l'apparition des premiers regroupements d'achats et des bannières, les premières campagnes de publicité télévisuelles et le concept de marketing professionnel donnent le ton. C'est cette période qui a vu naître la Fondation québécoise pour la santé visuelle (FQSV), destinée à encourager par des bourses les projets et recherches en science de la vision.

Le début des années '90 fut marqué par une période de crise, après les rumeurs, négociations avortées et palabres de corridor, la menace d'une coupure des services optométriques au sein de la RAMQ devint une réalité. Lors des budgets provinciaux de 1992 et 1993, les bénéficiaires âgés de 18 à 64 ans furent exclus de la couverture des examens optométriques, ce qui repartit de plus belle le bal des rencontres, mémoires et négociations de tout acabit.

D'un autre coté, les pourparlers débutés en 1978 sur l'utilisation des agents pharmacologiques diagnostiques par les optométristes donnèrent de bons résultats. Suite à des cours de formation suivis par la grande majorité des optométristes, le décret de novembre 1995 accorda cette prérogative aux optométristes et les permis y afférant furent remis au Colloque de novembre, lors d'une grande soirée mémorable.

Sur cette même lancée, des cours avancés de pharmacologie furent mis sur pied afin que les optométristes puissent acquérir les connaissances nécessaires à l'utilisation des agents pharmacologiques thérapeutiques. Plus de 350 enthousiastes s'inscrivirent dans la première cohorte de ces cours et la Loi 87 qui octroyait le droit de prescrire aux optométristes fut bientôt adoptée en août 2000 et ainsi débute notre nouveau millénaire.

Mais une loi sans règlements ne sert pas à grand-chose et l'AOQ entreprit un blitz de négociations pour trouver un terrain d'entente avec tous les professionnels impliqués. Les représentations des officiers de l'Association face aux regroupements des médecins omnipraticiens, des médecins spécialistes et des pharmaciens, comme les rencontres avec l'Office des professions et les divers intervenants politiques ont été longues et difficiles. Mais la persévérance et la persuasion des représentants optométriques ont fini par l'élaboration d'un consensus acceptable par toutes les parties et finalement entériné par l'Office des professions en mars 2003.

Les nouveaux permis permettant l'utilisation des agents pharmacologiques thérapeutiques sont remis en juin 2003 aux 850 optométristes ayant déjà réussi les cours de pharmacologie, en attendant que la troisième cohorte des optométristes alors inscrits à ces mêmes cours, puisse les rejoindre.

L'Association des optométristes du Québec n'a jamais perdu de vue ses objectifs premiers de défendre les intérêts de ses membres; les officiers et le personnel de l'AOQ continuent le travail de représentation auprès des politiciens et fonctionnaires, de services aux membres, de relations publiques et de négociations, tout en étant à l'affût des changements permanents qui gardent la profession d'optométrie dynamique et vivante.

Haut de page Imprimer