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INFORMATION GÉNÉRALE : Vos yeux et votre vision


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LA VISION DE VOTRE ENFANT

Dès sa naissance, la communication visuelle est un contact primordial entre les parents et l’enfant.  Toute occasion de maximiser l’échange des regards doit être privilégiée.  Tout au long de sa vie, l’enfant apprendra par ses yeux, en effet plus de 80% de son apprentissage passera par l’acquisition d’informations via le système visuel.

  1. Votre enfant voit-il correctement?
  2. Voit-il les détails?
  3. Utilise-t-il ses deux yeux de façon coordonnée?
  4. Voit-il les couleurs, les contrastes?
  5. Semble-t-il confortable à utiliser ses yeux?

L’optométriste répondra à toutes ces questions.

DÉVELOPPEMENT

La vision de l’enfant se développe très rapidement après la naissance.  Chacun des deux yeux voit à courte distance à la naissance puis vers l’âge de six mois la vision est comparable à celle d’un adulte.  Vers l’âge de deux mois les couleurs commencent à être perçues et la sensibilité aux contrastes chromatiques continue de s’améliorer au cours de la croissance.

L’apparition de la vision binoculaire, soit l’utilisation des deux yeux de façon synchronisée, se fait entre la dixième et la seizième semaine.  Le bébé commence à développer sa vision stéréoscopique, ou vision en trois dimensions, vers l’âge de cinq mois; ce processus ne se termine que vers l’âge de six à neuf ans.

L’enfant commence à suivre des objets qui se déplacent lentement vers l’âge de deux à trois mois.  Son champ visuel restreint au cours des premiers mois s’agrandit pour atteindre des valeurs semblables à celles d’un adulte vers l’âge de un an.

Plusieurs facteurs peuvent empêcher un œil de se développer normalement.  Les problèmes majeurs de vision innés ou acquis (9 à 33% des enfants), la  présence d’opacités comme les cataractes congénitales ou de maladies oculaires (1%) ou un mauvais alignement des yeux (strabisme-4%) sont des facteurs qui peuvent conduire au développement d’un œil amblyope ou paresseux chez 3% des enfants ou de l’absence de vision en trois dimensions chez 5% de ceux-ci.

 

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DÉPISTAGE ET EXAMEN

Les  étapes d’acquisition des habiletés visuelles sont valides si les deux yeux sont bien développés et si leur vision s’intègre bien.  Or, un enfant qui est atteint d’un trouble visuel ne se plaindra probablement pas si ce défaut est de naissance ou acquis en très bas âge.  Pour le tout petit, la vision normale est celle qu’il possède, à défaut d’en avoir connu de meilleure.  Près du quart des enfants de moins de 6 ans ont un problème oculaire ou visuel mais pourtant à peine 15% consultent annuellement leur optométriste ou leur ophtalmologiste.

C’est pourquoi les organismes de soins de santé publique et les guides de pratique des professionnels recommandent aux parents de faire examiner les yeux de leur enfant par un optométriste ou un ophtalmologiste selon le calendrier suivant :

  1. à 6 mois
  2. à 3 ans
  3. avant l’entrée à l’école
  4. aux ans ou aux deux ans entre 6 et 18 ans, ou plus souvent s’il y a problème

Lorsqu’un problème de vision ou de santé oculaire est découvert, il doit être immédiatement traité soit par lentilles (lunettes), exercices (orthoptique) et/ou chirurgie.

Il est important que tout se fasse avant l’âge de 6 à 9 ans puisque par la suite, le système neurologique n’est plus assez malléable pour se développer adéquatement et les défauts de vision d’un œil, l’amblyopie ou les anomalies de la vision binoculaire comme la vision en trois dimensions, demeurent permanents.

Pour faciliter les choses lors de l’examen visuel de l’enfant, il est bon de prendre rendez-vous à un moment où l’enfant est alerte et éveillé.  Pour répondre aux questions de votre optométriste de famille, vous devrez documenter les antécédents familiaux de problèmes oculaires ainsi que les maladies de la mère durant la grossesse et les difficultés ayant pu survenir lors de l’accouchement.

Les enfants de moins de trois ans n’ont pas suffisamment d’expérience cognitive pour répondre aux questions typiques de l’examen optométrique.  L’optométriste utilise alors différents tests nécessitant ou non l’usage de gouttes, afin d’évaluer objectivement l’enfant sans que celui-ci n’ait besoin de répondre.  Plus l’enfant vieillit plus il est mis à contribution et à six ans son examen est très semblable à celui d’un adulte.

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SIGNES À SURVEILLER
  • L’enfant ne suit pas le schéma de développement anticipé en suivant les objets mobiles du regard
  • L’enfant cligne souvent des yeux, plisse le front ou se frotte les yeux
  • L’enfant est très sensible à la lumière et ses yeux larmoient beaucoup
  • L’enfant se cache un œil pour regarder, fixe en tournant la tête
  • L’enfant pleure si on bouche un de ses yeux mais ne réagit pas si on bouche l’autre
  • L’enfant se cogne partout et a de la difficulté à s’orienter
  • L’enfant a un œil qui semble dévier
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FACTEURS DE RISQUE

Les parents devraient porter une attention particulière à la vision de leur enfant dans les cas suivants :

  • Malnutrition ou carence alimentaire de la mère durant la grossesse
  • Prématurité, bébé de petit poids
  • Oxygénation intensive suite à une carence grave à la naissance
  • Hémorragies intra-ventriculaires du groupe III ou IV
  • Histoire familiale de rétinoblastome, de cataracte congénitale ou de désordre génétique
  • Infections de la mère durant la grossesse (rubéole, toxoplasmose, MTS, herpès, cytomégalovirus, HIV, etc.)
  • Détresse fœtale à la naissance, faible indice Apgar
  • Maladies du système nerveux central
  • Problèmes importants de réfraction des parents (forte myopie, hypermétropie ou astigmatisme)
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SANTÉ OCULAIRE

Dès la première minute de vie, le bébé reçoit une dose d’antibiotique en onguent de façon à préserver ses yeux de toute infection qu’il aurait pu contracter au passage extra-utérin lors de la naissance.  Dans les semaines qui suivent, une infection peut se manifester malgré tout, on remarquera une rougeur et un gonflement à la base des cils, des sécrétions jaunâtres, des paupières collées et de la difficulté à ouvrir les yeux et à regarder la lumière.

Un œil rouge et gonflé chez le bébé est signe d’infection à 90% du temps. Cette infection peut être bactérienne (paupières très gonflées, pus et rougeur importante), virale (œil qui larmoie beaucoup, rougeur modérée) ou allergique (yeux qui piquent, chauffent et larmoient avec une rougeur faible à modérée).  L’infection peut aussi faire suite à une grippe, un rhume ou un mal de gorge.

Les parents doivent alors consulter l’optométriste ou le médecin pour la prescription du médicament approprié lorsque requis.  Dans de rares cas, des bactéries beaucoup plus virulentes peuvent infecter les yeux du bébé, on parle alors d’ophtalmie du nouveau-né.  Dans ce cas, un traitement ophtalmologique agressif doit être entrepris pour éviter une propagation aux autres tissus entourant les paupières.

Plusieurs bébés présentent des sécrétions qui sans être jaunâtres font penser à du pus.  Ces sécrétions proviennent d’un petit défaut dans l’ouverture du canal qui recueille les larmes, canal situé dans les paupières du coté nasal. Il y a alors refoulement des larmes et accumulation de débris, ce qui cause les sécrétions. Le canal devrait s’ouvrir spontanément durant la première année, des compresses tièdes et des massages de la région touchée peuvent soulager le bébé mais dans les cas ou le canal reste obstrué, une chirurgie mineure est indiquée.

Le virus de l’herpès simplex est largement répandu dans notre société, sa manifestation la plus connue étant le « feu sauvage ».  Ce virus peut également affecter l’œil et l’attaque initiale se manifeste souvent dans la petite enfance. On observe alors plusieurs signes et symptômes :

  1. Oeil douloureux
  2. Larmoiement et augmentation des sécrétions
  3. Boutons rouges avec écoulement le long des paupières et de la joue
  4. Difficulté à regarder la lumière
  5. Ganglions enflés près de l’oreille du coté atteint
  6. Fièvre fréquente
  7. Unilatéral, un seul côté est atteint

Il est bon de consulter un optométriste ou un médecin puisque dans plusieurs cas il peut y avoir une lésion cornéenne qui nécessitera la prescription d’un médicament antiviral. Chez l’individu atteint, le virus demeure présent tout au long de la vie et peut s’exacerber à l’occasion; les lésions les plus importantes au plan oculaire surviennent généralement lors de ces récidives et rarement lors de l’attaque initiale.

Conseils pratiques

  • Observez quotidiennement les yeux de votre enfant pour y découvrir des signes de gonflement, de rougeurs ou de sécrétions; consultez un optométriste ou un médecin si ces signes vous paraissent anormaux et durent pour plus de quelques heures.
  • Observez tout reflet blanchâtre à l’intérieur de la pupille (partie noire de l’œil).
  • Observez la forme des yeux : une forme globuleuse associée à des larmoiements fréquents, une apparence grisâtre de la surface de l’œil et une intolérance à la lumière peuvent suggérer des pathologies rares mais sévères comme le glaucome congénital.
  • Observez si l’enfant à tendance à se frotter les yeux ou s’il pleure lorsque vous touchez les paupières ou les régions autour de l’œil.
  • Ne jamais employer un antibiotique sans l’avis de l’optométriste, du médecin ou de l’infirmière.
  • À la fin d’un traitement, jetez la médication.
  • Jetez tout produit dont la date d’expiration est périmée.
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LES YEUX ET LE SOLEIL

Les structures de l’œil sont faites pour absorber une certaine quantité de rayons nocifs du soleil.  La cornée absorbe les UVB tandis que la lentille de l’œil, le cristallin, absorbe les UVA; ceci vise à protéger la rétine d’une radiation trop forte qui pourrait l’endommager.

Il faut se méfier de toutes les sources de rayonnement, celles directes par les rayons du soleil mais aussi celles qui nous touchent par réflexion sur le sable, l’eau et la neige.  Lorsque l’œil est exposé de façon trop prolongée à des rayons UV nocifs, il peut développer des pathologies, des inflammations de la cornée ou de la rétine, ou à plus long terme des cataractes, d’où l’importance de se protéger adéquatement.

Certains éléments peuvent nous aider à limiter le niveau de rayonnement nocif atteignant l’œil :

  1. La fermeture naturelle de la pupille
  2. Le port d’un chapeau à large bord ou d’une casquette
  3. Le port de lunettes de protection (voir la section protection solaire)

Il faut s’assurer que l’enfant ne regarde jamais directement le soleil qu’il y ait éclipse ou non, et ne pas laisser l’enfant jouer avec des loupes ou des miroirs qui pourraient réfléchir les rayons solaires vers son visage.

Les enfants dont les yeux sont les plus pâles sont éblouis plus facilement que ceux qui ont les yeux foncés.  Ceci vient du fait que leur œil contient moins de rhodopsine, pigment dérivé de la vitamine A.  Celle-ci est donc essentielle au maintien de la santé oculaire, on retrouve la vitamine A dans notre alimentation générale et notamment dans les carottes; il est donc vrai que les carottes sont bonnes pour les yeux.

Il est faux d’affirmer cependant que les enfants aux yeux pâles sont plus susceptibles de développer des maladies oculaires.  Il n’y a aucun lien établi entre la couleur des yeux et la présence de pathologie.

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HYGIÈNE VISUELLE

Certaines précautions peuvent faciliter une bonne performance du système visuel.

La lumière est essentielle à la vision, on gardera donc une veilleuse allumée pour le nouveau-né et on s’assurera que l’enfant plus vieux aura un bon éclairage pour s’adonner à ses activités scolaires ou ludiques.

Les jouets stimulent la vision, on utilisera des mobiles au-dessus du berceau et on encouragera les jeux éducatifs surtout s’ils nécessitent une bonne coordination entre l’œil et la main, comme les cubes, les casse-têtes, le modelage de formes, les livres d’images, le crayonnage, etc.

Pour la télévision, on s’assurera de rester dans une position assise à une distance d’au moins deux mètres de l’écran, et pour l’ordinateur la distance entre l’œil et l’écran doit  être au moins équivalente à la distance de lecture qui correspond grosso modo à la longueur de l’avant-bras.

Les activités de près comme la lecture, les casse-têtes ou le bricolage devraient se faire à une distance d’au moins 30 centimètres, soit l’équivalent de la distance entre le coude et la phalange médiane du majeur.

Et comme pour bien d’autres activités c’est souvent l’abus qui est source de stress et de fatigue.  Une pause régulière est donc une bonne façon d’éviter les désagréments.

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VISION ET LECTURE

Apprentissage de la vision, apprentissage de la lecture... Ces deux acquis fondamentaux se succèdent naturellement dans la vie de l’enfant. La vision du jeune enfant se construit, se perfectionne, de la naissance à 4 ans, âge auquel se confirme son intérêt pour l’écrit. De longues années vont alors s’écouler pour que, vers 10 ans, il réclame "un vrai livre". Or les spécialistes constatent une corrélation entre la qualité de la lecture et celle de la vision.

Que se passe-t-il aux différentes étapes de l’élaboration de celle-ci ? Que doit observer l’entourage pour vérifier l’intégrité de la vision d’un enfant! Comment lui garantir de bien voir pour bien lire ? C’est à ces questions - et à bien d’autres - que répond le document réalisé par l’Association Nationale pour l’Amélioration de la Vue (ASNAV) dont voici le contenu.

6 ANS POUR BIEN LIRE

Les quatre premières années de la vie sont indispensables à la maturation du système oculaire de l’enfant. À partir de là, six nouvelles années vont encore lui être nécessaires pour bien posséder la lecture. Cet élément essentiel à une bonne réussite scolaire, à l’accession au savoir et à une certaine forme de plaisir.

La lecture est une matière infiniment vivante. Elle s’aménage, se perfectionne tout au long de la vie. Y compris à l’âge adulte.

REGARD ET LECTURE : DES MÉCANISMES COMPLEXES

Pour un "grand", lire semble simple, naturel, à partir du moment où il a appris. Or cette action fait appel à des mécanismes incroyablement délicats et compliqués. Savoir lire ce n’est pas seulement identifier des lettres. C’est aussi sans cesse faire appel à notre connaissance de la langue.

C’est une acquisition très complexe, quelle que soit la méthode utilisée, au sein de laquelle la vue occupe une place de premier plan. Tout comme la perception visuelle et le pouvoir qu’ont les yeux de se mouvoir.

Si vous êtes adulte, il vous a fallu 15 à 20 secondes pour lire les lignes qui précédent. Votre regard a sauté 20 à 100 fois en divers points de ce texte car l’oeil enjambe environ 7 lettres à chaque saccade, ce qui fait à peu près un arrêt par mot. À chaque fois, votre vue - c’est-à-dire vos yeux - a créé une image inversée du mot regardé sur votre rétine. Cette image a instantanément été transmise à votre cerveau qui l’a reconnue. Ce cheminement inconscient, c’est la vue. Votre regard va ainsi se déplacer vers un autre point de fixation, un nouveau mot qui, à son tour, sera vu puis reconnu... La lecture fait ainsi inlassablement appel à la vue, à la vision, au regard. Trois fonctions simultanées.

La vue transporte les images du monde extérieur jusqu’au cerveau. Ce dernier les analyse et les reconnaît: c’est le stade de la vision. Ensuite, les yeux se déplacent pour observer un nouveau point : c’est le regard. En clair, l’action de regarder.

La vue est notre sens le plus précieux. 80% des informations en provenance du monde extérieur nous parviennent par les yeux. Visage, paysage, illustration, mot, lettre... l’image de ce que l’on regarde se forme sur la rétine. Elle doit être en tout point fidèle à la réalité. Pour cela, les yeux se règlent spontanément en fonction de la luminosité et de la distance. Quand on lit, on tient - le plus souvent - le document à une distance de 20 à 50 cm et, en moyenne, à 40 cm. Un enfant a alors besoin d’une acuité visuelle de 10/10ème pour distinguer des détails de 0,5 mm de hauteur.

Si sa vision est "plus basse", il a du mal à percevoir les points sur les "i" et risque de confondre un "t" et un "r". Une acuité de 10/10ème lui est a fortiori nécessaire pour lire, sur le tableau noir, des lettres de 7,3 mm de hauteur. Notamment s’il est assis au fond de la classe, environ à 5 mètres du tableau.

LORSQU'UN MOT EST VU, IL N'EST PAS ENCORE LU

La vision, c’est aussi la perception visuelle. Lorsqu’un mot est vu, il n’est pas encore lu, c’est-à-dire reconnu par le cerveau. Le savoir intervient à chaque phase, le cerveau puisant en continu dans cette grande encyclopédie qu’est la mémoire pour reconnaître ce qu’il a vu. Face à une page imprimée, la perception visuelle fonctionne à plusieurs niveaux successifs : vision globale et "confuse" de la plage, vision plus organisée - ligne par ligne ou paragraphe par paragraphe - et vision plus précise portant sur quelques lettres ou sur un mot.

Le regard - l’action de regarder -, quant à lui, se confond avec le mouvement des yeux. Quand on lit, les yeux bougent continuellement, Ils se fixent pendant environ 1/4 de seconde sur un point puis se déplacent vers un autre, le temps d’une saccade en 20 à 30 millièmes de seconde. Tout se passe selon un rythme modulé par la reconnaissance des mots et le traitement des phrases lues. Le regard passe ainsi automatiquement de mot en mot à un rythme irrégulier qui s’interromprait sur un terme inconnu.

L’enfant qui apprend à lire, connaît encore peu de lettres, de mots, de chiffres. Inconsciemment, ses yeux semblent à la recherche constante de ceux qui lui sont familiers. Difficulté supplémentaire : à cet âge, des lettres connues peuvent être confondues avec d’autres. Exemple: le "m" et le "n", le "t" et le "r", le "u" et le "v", le "h" et le "b"... Et la difficulté s'accroît quand l’enfant a à faire à des mots très proches : "mon" et "nom", "huche" et "bûche", "toux" et "roux"... Par chance, ce risque de confusion est souvent rétabli par le savoir du petit enfant dans la mesure où il comprend le sens du texte. Une phrase telle que "papa et maman se promènent avec moi" ne lui laisse, en principe, pas de doute entre "moi" et "mai".

Le processus de l’apprentissage de la lecture est complexe et délicat. Tout particulièrement à l’âge tendre, au moment des premières conquêtes de ce qui deviendra un mécanisme. C’est un moment fragile que le moindre grain de sable notamment une vision imparfaite - peut suffire à perturber.

L’effort est intense. Il le sera davantage encore si l’enfant voit mal. Confronté à trop de difficultés, il risque de relâcher son attention voire d’abandonner sa tentative d’apprentissage de la lecture, aussi motivé soit-il par cette nouvelle acquisition.

LECTURE ET VISION : UN LIEN ÉTROIT

Constat accablant en provenance du Ministère de l'Éducation Nationale: un enfant sur cinq éprouve des difficultés à lire dès le cours élémentaire 2e année et, en classe de 6e, deux élèves sur trois lisent mal.

Accusées no 1 : les méthodes d’enseignement. Selon les spécialistes, toute la pédagogie de la lecture serait à revoir. Dans ce débat, on oublie de prendre en compte les qualités de la fonction visuelle de chaque enfant.

Ce chaînon manquant a inspiré à l’ASNAV (Association pour l’Amélioration de la Vue) une importante étude expérimentale portant sur la relation entre le bon apprentissage de la lecture et une vision de qualité. Ce travail n’est pas terminé mais il est déjà riche d’enseignement pour tous les adultes.

L'OISE, département pilote

Les enfants observés pour cette étude étaient, à l’époque, élèves de cours élémentaires 1ère année à Beauvais dans l'Oise, un département pilote en matière de dépistage et de correction des troubles de la vision.

De ce fait, 25% d’entre eux portaient des lunettes. Une situation exceptionnelle, privilégiée en regard d’autres régions de France. Au nombre de 650, ces enfants ont fait l’objet de tests approfondis:

  • dépistage des troubles de la vue (myopie, hypermétropie, astigmatisme)
  • mesure de l’acuité visuelle
  • qualité de la vision des deux yeux
  • vision des couleurs
  • mesure de la mobilité oculaire

Parallèlement, des épreuves mises au point avec le concours de l’Institut National de Recherche Pédagogique (INRP) permettaient d’évaluer la capacité à lire de ces enfants notamment à partir d’une histoire incomplète à laquelle des mots manquaient.

Le test consistait à les rechercher et à les introduire dans le texte. Les enfants avaient ainsi à trouver des mots dans le dictionnaire, des numéros de téléphone dans l’annuaire, à reconnaître différents écrits poème, recette de cuisine, conte...
Objectif : estimer les stratégies d’exploration et de compréhension dont sont capables des enfants d’une huitaine d’années.

DES YEUX POUR BIEN LIRE

L’hypothèse évoquée par l’ASNAV et les spécialistes de la vision se confirme : un enfant qui lit mal a souvent des problèmes de vision. Et, plus, il les "collectionne" - par exemple, myopie/astigmatisme ou hypermétropie/ astigmatisme - et plus il a de difficultés à lire.

QUAND CONSULTER À L'ÂGE DE LA LECTURE ?
LES SIGNAUX D'APPEL

Initiation à l’écriture (l’enfant joue à tracer des boucles, des ponts, des bâtons, son nom), à la lecture (il apprend à lire son nom, à reconnaître certaines lettres...) c’est en grande section de maternelle ou à l’entrée au cours préparatoire (CP) que se révèlent certains défauts visuels inaperçus dans la prime enfance.

Les enseignants ont un rôle capital d’observation à jouer mais il appartient aussi aux parents d’être attentifs à certains signes:

  • clignements des yeux très fréquents;
  • froncements des sourcils;
  • yeux rouges qui pleurent ou qui piquent;
  • fatigue ou maux de tête au retour de l’école;
  • douleurs dans la nuque;
  • l’enfant dessine, écrit ou lit le nez collé à son cahier, à son livre;
  • quand il lit, il lui arrive de perdre sa ligne;
  • de relire deux fois la même ligne ou le même mot;
  • il confond certaines lettres;
  • il n’aime pas lire ou ne lit pas longtemps;
  • à la fin du cours primaire, il ne retient pas ce qu’il lit;
  • il lui arrive de loucher;
  • il est exagérément sensible aux fortes luminosités.

Si l’enfant présente l’une de ces particularités, il s’agit (peut-être) d’un défaut mineur, d’un gène qui n’est pas obligatoirement lié à un défaut visuel. Les parents doivent prendre l’avis d’un spécialiste par sécurité.

LIRE : UN PLAISIR À LUI FAIRE DÉCOUVRIR

Tout comme les jouets, les livres appartiennent de plus en plus tôt à l’univers de l’enfant. Livres en tissu ou en carton " indéchirable", livres qu’on manipule ou qu’on mâchonne à l’âge des premières dents... les bébés adorent ces objets peuplés d’ours, de lapins, de poules ou de crocodiles. Vient, ensuite, le temps des histoires. La lecture est l’occasion d’un moment privilégié entre l’enfant et l’adulte, à condition de choisir l’instant propice. L’enfant est très tôt sensible aux couleurs, à l’expression des personnages et même à la typographie. Il sait quand le singe a fait une bêtise, quand la maman ours est fâchée ou le poussin triste. Il sent par la différence de grosseur des lettres quand il se passe quelque chose dans le récit. Et, à terme, la lecture de l’image favorise celle de l’écrit.

Vers 18 mois, un enfant s’intéresse aux imagiers, ces livres où un mot est associé à une illustration. On peut déjà l’inscrire dans une bibliothèque spécialisée, lui enseigner le goût, la manipulation et le respect des vrais livres, le plaisir des belles illustrations. L’attirance que l’on ressent soi-même pour les livres le motive.

Vers 2 ans et demi, l’enfant est capable de reconnaître son prénom écrit en lettres bâton. Il commence à pouvoir associer un animal, un arbre, une fleur, un jouet... avec un mot. Il va bientôt aimer déchiffrer, "lire" les emballages des produits familiers farine, chocolat...

Vers 3, 4 ans, il joue à recopier : maman, papa, chat, chien... Inconsciemment, il comprend que la lecture passe par l’écriture et réciproquement. Dès lors, il ne s’agit pas de jouer le rôle de la maîtresse de maternelle et de "refaire la classe" le soir mais simplement d’être à l’écoute des centres d’intérêts de son enfant.

Vers 4, 5 ans, il aime les recueils de comptines où il peut retrouver des mots appris par cœur. S’il a une passion pour les baleines, les voitures ou les dinosaures, c’est le moment de lui offrir sa première encyclopédie : l’ouvrage idéal pour lui en apprendre davantage sans trop enseigner, sans trop l’ennuyer, tout en lui donnant le goût d’apprendre à lire.

C’est ainsi que l’on favorise le penchant d’un petit enfant pour la lecture : à partir de journaux spécialisés ou non, de jeux de société dont il faut lire les consignes, voire de recettes de cuisine simplifiées. Lire avec un enfant, dans la vie de tous les jours, c’est lui apprendre à observer, à développer son vocabulaire, à enrichir ses connaissances.

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Source : Brochure de I'ASNAV
Texte tiré de la revue française Inform'Optique, juillet 1999
Site Internet : www.inform-optique.com