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La myopie est un trouble visuel qui touche tous les groupes d’âge.

Présente chez environ 25 % de la population, la myopie est en forte augmentation. Selon une étude australienne parue dans la revue Ophtalmology, 4,76 milliards de personnes seront myopes en 2050, soit 49,8 % de la population mondiale. L’Organisation mondiale de la Santé qualifie la progression de la myopie comme une épidémie mondiale.

D’un point de vue purement optique, la myopie serait un déséquilibre entre la longueur de l’œil et la courbure de la cornée ou du cristallin. En raison d’un œil trop long (myopie axiale) ou d’une courbure trop prononcée (myopie d’indice), l’image perçue n’est pas focalisée directement sur la rétine. Par conséquent, lorsque l’on regarde au loin, l’image paraît embrouillée, puisqu’elle se focalise en avant de la rétine, alors qu’une image regardée de près est claire. En d’autres mots, la myopie est comme une « lentille » qui serait inadéquate pour un « appareil photo » en particulier.

Le fonctionnement de l’œil d’une personne myope est semblable à celui d’une loupe (lentille convexe). En regardant dans celle-ci, vous remarquerez sans doute que de loin, la vision est embrouillée et que de près, la vision est claire. C’est pourquoi plusieurs personnes myopes ont tendance à retirer leurs lunettes pour la lecture puisque de près, leur œil, tout comme la loupe, est en mesure de rendre les lettres claires.

La myopie se manifeste souvent au début de l’adolescence, même si elle peut être présente à un plus jeune âge. En effet, un enfant myope se plaindra rarement de sa situation. N’ayant pas de point de référence, il pense que tout le monde voit comme lui et il a appris à s’adapter à sa situation : il sait qu’il doit se rapprocher d’un arbre pour voir les détails de ses feuilles, ou d’une rue pour en lire le nom. Il commencera à se questionner en se comparant avec ses pairs qui pourraient lui faire remarquer son trouble de la vision par des observations comme : « comment ça, tu ne vois pas ça? » Viendra ensuite la visite chez son optométriste.

Dans les faits, les enfants souffrant de myopie sont deux fois plus nombreux qu’il y a 20 ans en Amérique du Nord, et ce trouble visuel apparaît de plus en plus tôt dans leur développement, l’âge moyen étant passé de 10-11 ans à 8-9 ans durant cette période. L’hérédité joue un rôle important alors que le risque de myopie double quand un parent est atteint et triple si les deux le sont. Pourtant, même si plusieurs enfants myopes ont effectivement des parents myopes, d’autres parents ne le sont pas.

C’est pourquoi l’on se tourne de plus en plus vers les facteurs environnementaux pour expliquer la prévalence de ce trouble de la vision. Parmi les pistes actuellement étudiées, on tente d’expliquer l’accroissement des cas de myopie par une augmentation du tonus musculaire responsable de la focalisation en vision de près (muscle ciliaire), un travail sur écran pendant une durée prolongée ou même un manque de lumière naturelle.

Bien que d’origine multifactorielle, la myopie et sa progression sont largement influencées par les travaux scolaires et la sollicitation accrue de la vision rapprochée. De fait, il a été démontré que la myopie progresse plus rapidement durant la période scolaire que la période estivale.

Selon plusieurs études, encourager l’enfant à jouer dehors semble être un changement de style de vie qui permettrait de réduire la progression de la myopie de 30 à 40 %, puisque l’enfant solliciterait moins son système visuel à l’extérieur. Par ailleurs, les enfants qui jouent dehors de 40 à 90 minutes par jour sont moins myopes en général que les enfants de même âge qui passent plus de temps à l’intérieur, notamment pour lire ou jouer à l’ordinateur. En effet, les nombreuses heures passées devant les téléviseurs, les ordinateurs, les tablettes et les téléphones intelligents contribuent au problème.

Signes et symptômes

Les signes et les symptômes communs de la myopie sont :

  • un embrouillement de la vue de loin (p. ex. lire la signalisation sur la route ou regarder la télévision sans se rapprocher);
  • une difficulté à bien percevoir les détails sans plisser les yeux;
  • des douleurs ou des tiraillements autour des yeux.

Évaluation et traitements

Pour mesurer le degré de myopie, l’optométriste utilisera des mesures objectives de la réfraction, comme la rétinoscopie ou la réfractométrie, et des tests subjectifs.

Heureusement, des solutions permettent de corriger la myopie : le port de lunettes ou de lentilles cornéennes (verres de contact) et l’opération réfractive (laser). Il faut savoir que le port d’une correction optique ne guérit pas la myopie et que le fait de ne pas la porter ne change pas la longueur de l’œil ni la courbure de la cornée. Les lunettes ou les lentilles cornéennes servent à ramener les images regardées au loin le plus près possible de la rétine pour diminuer l’embrouillement. Toutefois, le fait de ne pas porter de lunettes entraînera de la fatigue chez une personne qui doit toujours plisser les yeux dans le but d’améliorer sa vision.

De plus en plus d’options existent pour ralentir la progression de la myopie, lorsqu’elle n’est pas encore stabilisée, comme l’orthokératologie ou les lentilles cornéennes multifocales.

Suivi avec l’optométriste

Même si l’acuité est tout à fait normale, un examen régulier chez l’optométriste est nécessaire pour évaluer et traiter ce trouble de la vision. Ce conseil s’applique aussi à tout trouble de réfraction. En cas de diminution de la vision de loin ou de fatigue visuelle, il est toujours recommandé de passer un examen oculovisuel et d’en discuter avec un optométriste.

Apprenez-en plus sur les troubles de la vision

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